Crossroads Guitar Festival 2019





Et voici donc la quatrième édition du Crossroads Guitar Festival, qui s’est déroulé à Dallas (Texas) en septembre 2019. Rappelons qu’Eric Clapton est à l’initiative d’une fondation créée en 1998 à Antigua, avec un centre de désintoxication et qu’il tous les trois ans un grand concert avec beaucoup de musiciens pour le financer.

On retrouve pour cette édition, les habitués Sonny Landreth, Bonnie Raitt, Keb’ Mo’, Tedeschi Trucks, Band, Buddy Guy, Sheryl Crow, Jimmie Vaughan, Jeff Beck, Vince Gill, Robert Randolph, Gary Clark Jr et les deux compères guitaristes des groupes de Clapton, Andy Fairweather Low et Doyle Bramhall II.

Il est évident, que le plateau proposé est de qualité, mais un peu de nouveauté et de jeunesse, excepté Marcus King Band, serait bienvenue afin d’apporter du sang neuf à l’ensemble.

Comme souvent dans ces concerts, certains artistes et morceaux sont dispensables. On citera“Lait / De Ushuaia A La Quiaca” Gustavo Santaolalla, “Lift Off” Tom Misch, Every Day Is A Winding Road” Sheryl Crow with James Bay “Retrato” Daniel Santiago & Pedro Martins “B-Side” Kurt Rosenwinkel with Pedro Martins, “Is Your Love Big Enough”, Lianne La Havas “I Say A Little Prayer” Lianne La Havas ce qui représente quand même environ un tiers des titres !

Sinon, comme d’habitude, Sonny Landreth ouvre les hostilités, rien à dire, la classe, le son, le feeling, Sonny tel quand lui-même.

Première apparition de Clapton accompagné d’Andy Fairweather Low dans “Wonderful Tonight” et “Lay Down Sally”. Si le chant est toujours au top, force est de constater qu’ Eric est très diminué par sa maladie (neuropathie périphérique) qui fait perdre de la fluidité à son jeu (il accroche l’intro de Wonderful Tonight) et surtout ne lui permet plus de jouer de long chorus. D’ailleurs il est toujours accompagné d’un autre guitariste.


“Million Miles” Bonnie Raitt, Keb’ Mo’ & Alan Darby et “Son’s Gonna Rise”Citizen Cope & Gary Clark Jr sont agréables sans plus, par contre le mini-set de Doyle Bramhall II casse la baraque avec une version torride d’“I Wanna Be Your Dog”. Pour ma part, j’estime que Doyle a fait de gros progrès en solo depuis quelques années.

Le grand Buddy arrive ensuite, mais pour un seul morceau « Cognac », avec, en plus, cette purge de Johnny Lang dans les pattes. Dommage on aurait aimé en entendre plus d’autant que le père Buddy envoie toujours du lourd !



On termine ce premier CD en roue libre avec Sheryl Crow (le privilège des ex ?) et le « “Baby, Please Come Home” Jimmie Vaughan et Bonnie Raitt sans surprises.


Après un morceau de Robert Cray, c’est Marcus King qui attaque le deuxième CD avec deux morceaux dont l’excellent “Goodbye Carolina”. Incontestablement Marcus a largement sa place dans cette réunion et sa prestation est superbe.

Puis Frampton et Clapton jouent “While My Guitar Gently Weeps” dans une version spéciale EPAD, le père Frampton semblant sérieusement aux fraises lui aussi. Cela manque de punch, de virtuosité, de feeling

Puis un tonnerre électrique. El Becko, se pointe, comme d’habitude les potards sont à fond, il n’est pas là pour rigoler (demander à Beth Hart dont la voix puissante était couverte au Crossroads précédent). Trois morceaux, plein de reverb, de fureur, lui il ne vieillit pas !

Comme Robert Randolph, il ne vient pas pour amuser la galerie. Là encore, un seul morceau “Cut Em Loose » c’est frustrant mais excellent

On plonge dans le ventre mou du CD jusqu’au Tedeschi Trucks Band, qui propose deux morceaux. Toujours au top, un vrai régal.


Le dernier CD est moins costaud, avec trois morceaux de Gary Clark Jr. Suivis par trois autres de Vince Gill avec plusieurs guitaristes sur scènes ce qui est toujours un peu confus.



On retrouve Clapton pour le final avec une version de « Badge » qui souffre énormément de la comparaison avec celle de 2013 ; « Layla » avec les renforts de John Mayer et Doyle Bramhall II est meilleure, une version faiblarde de «Purple Rain » et comme souvent « High Time We Went » termine le concert. Jamais trop compris pourquoi cette chanson était quasiment incontournable dans les set-lists, alors que Clapton a écrit de nombreux et superbes morceaux qu’il ne joue jamais

Globalement, on trouve de très moments même si certaines longueurs sont dispensables.

On peut considérer que c’est le dernier Crossroads, eu égard à la santé de Clapton, qui semble encore s’être dégradée si on en juge par sa prestation à l’occasion du concert hommage à Ginger Baker en février 2020. C’est toujours triste d’assister au chant du cygne d’un des plus grands guitaristes des cinquante dernières années, mais l’âge est impitoyable.






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