Feedback sur le concert de KEVIN MORBY à la Salle Pleyel le 6 Juillet 2026
- Amis de la Zic
- 7 juil.
- 2 min de lecture
Aller voir un concert de Kevin Morby, c’est un peu comme prendre sa voiture, baisser les vitres et avaler des kilomètres sur une route bordée de champs de tournesols. Une échappée américaine, entre folk, rock et grands espaces, avec ce mélange de mélancolie et de lumière qui traverse ses chansons.
Nous n’étions malheureusement que trois Zikers hier soir 😪, mais difficile de ne pas se laisser embarquer par l’univers que Kevin Morby a su construire au fil des années, dans le sillage de figures comme Bob Dylan, Tom Petty ou Leonard Cohen. Sans jamais se contenter de l’hommage, il s’est forgé une identité bien à lui, faite de récits et de poésie.
Car Kevin Morby est avant tout un conteur. Un raconteur d’histoires capable de faire naître des images à chaque morceau, mais aussi un performer généreux, habité, porté par une belle énergie. On sait combien les longues tournées peuvent user les artistes ; pourtant, hier soir, rien ne laissait transparaître la fatigue. Au contraire, il a déployé sur scène une joie communicative et une sincérité qui ont donné au concert une chaleur immédiate.
Le set faisait naturellement la part belle à Little Wide Open, son huitième et dernier album, dont plusieurs titres ont trouvé sur scène une ampleur supplémentaire. Mais au-delà des morceaux eux-mêmes, c’est surtout la qualité du groupe qui a frappé. Il faut saluer la performance de Cochemea, impressionnant au saxophone comme à la flûte, ainsi que la voix envoûtante et le violon de Camellia Hartman (j'ai découvert une nouvelle grande artiste). Kevin Morby s’est entouré de musiciens capables d’accompagner, de souligner et parfois d’amplifier toute la charge émotionnelle de ses chansons.
Et puis il y a eu cette surprise : voir la Salle Pleyel, qui n’est tout de même pas la plus petite des salles parisiennes, quasiment sold out. Kevin Morby n’est sans doute pas un artiste “grand public” en France, mais il est loin d’y être inconnu. Dans le circuit indie/folk, il s’est imposé depuis longtemps, et son parcours parisien le prouve : depuis 2015, il s’est produit à plusieurs reprises dans la capitale, dans des salles de plus en plus importantes. Le voir aujourd’hui remplir — ou presque — Pleyel n’a donc rien d’un hasard, mais ressemble plutôt à l’aboutissement logique d’une trajectoire patiemment construite.
Enfin, Kevin Morby fait partie de ces artistes qui savent reconnaître le caractère un peu absurde du rituel des rappels sans pour autant le rejeter. Avec humour, il a lancé : « Dans la pure tradition du rock’n’roll, on va jouer les seconds rôles. Si le public le souhaite, on revient, sinon, on ne revient pas. »
Ils sont évidemment revenus, pour le plus grand plaisir du public, concluant la soirée avec cette même générosité qui aura traversé tout le concert.
A noter une belle 1ère partie de Liam Kazar

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